Archives pour la catégorie Ça s’est passé ce jour là

20 mai 1983. Le virus du Sida est découvert

Ca faisait déjà un moment que ça couvait. Plusieurs années même. Les premiers cas sont décrits dès 1981 aux Etats-Unis.  A l’époque, on parle du « syndrome gay » et pas encore du « syndrome d’immunodéficience acquise ». Les médecins remarquent que de plus en plus de jeunes adultes jusqu’alors en bonne santé, se mettent à développer des infections fulgurantes liées à une baisse anormale de leurs défenses immunitaires. En parallèle, le Centre de contrôle des maladies d’Atlanta (CDC) annonce avoir repéré une consommation de plus en plus élevée d’un médicament qui traite des infections pulmonaires (pourtant supposées rares)… corroborant les observations des médecins sur le terrain. La chasse au virus est lancée. Lire la suite 20 mai 1983. Le virus du Sida est découvert

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1883. Le volcan Krakatoa explose et fait 36.000 victimes

26 août 1883. Cela fait déjà quelques mois que le volcan Krakatoa, situé en Indonésie, entre les îles de Java et Sumatra, s’est réveillé. Les explosions se succèdent. L’activité du volcan croît, décroît, reprend. Début août, les émissions de cendres sont déjà tellement épaisses qu’il fait nuit noire sur des centaines de kilomètres autour du volcan. Pourtant, les bateaux continuent de passer à proximité, et les villages situés sur les îles alentours eux, ne se vident pas pour autant de leurs habitants. Mais le 26 août, le Krakatoa ne fait pas dans la finesse : l’apocalypse commence en début d’après-midi.

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Une explosion entendue à 4500 km à la ronde

Vers 13h, une première énorme explosion secoue le volcan. Elle est entendue jusqu’à 50 km à la ronde. Une heure plus tard, une nuage noir d’une hauteur estimée à 27 km sort des entrailles du Krakatoa. Pierres ponces et cendres se répandent partout et la visibilité est réduite à néant sur plus d’une centaine de kilomètres autour du volcan. Jusqu’au lendemain matin, les secousses vont aller grandissantes.

Les bateaux qui voguent à proximité se perdent, englués dans « une pluie aveuglante de pierres et de sable, une obscurité profonde entrecoupée d’éclairs continuels et de grondements incessants » (Livre de bord du capitaine Charles Ball). A terre, d’immenses vagues détruisent les maisons côtières. Et ce n’est que le début.

Evolution de l’île du Krakatoa

Quelques heures plus tard, le « bouquet final » se déclenche. L’explosion la plus violente retentit, lorsqu’une partie de l’île, d’une superficie de 28 km2 s’effondre dans le cratère. Le bruit qui s’en dégage est ahurissant de violence. Il est d’ailleurs considéré comme le plus fort jamais entendu par l’homme : à 160 km de distance, il est encore de 180 décibels. Pour comparaison,  180 dB, c’est le bruit produit au décollage d’une fusée Ariane. Alors imaginez l’intensité du son sur le lieu même de l’explosion…

Plus incroyable encore, la détonation est entendue à Alice Springs, dans le centre de l’Australie, et à l’île Rodriguez, dans le sud-ouest de l’océan Indien, situées respectivement à 3 500 et à 4 800 kilomètres du Krakatoa. Comme si une explosion à Bagdad était entendue à Paris !

A l’explosion dantesque succède le tsunami

A Jakarta, les murs tremblent. Au sud de Sumatra, les victimes se comptent par centaines : ensevelies sous les chutes de pierres ponces, brûlées par les cendres incandescentes, assoiffées par l’absence d’eau potable… L’Apocalypse dans toute sa splendeur.

Pour en rajouter une couche, un tsunami, occasionné par les multiples séismes et explosions, ravage tout sur son passage. Le raz-de-marée est d’ailleurs responsable de la majorité des 36 000 morts enregistrés. Dans l’obscurité provoquée par le nuage de cendres, impossible de voir le mur d’eau qui arrive. La ville de Merak, située à seulement quelques dizaines de kilomètres du volcan, est entièrement rasée par une vague de 46 mètres de haut (l’équivalent d’un immeuble de 13 étages).

A Sumatra, dans le port de Teluk Betung, le navire hollandais Berouw fut soulevée par une vague de 22 mètres et projeté à 2 km à l’intérieur des terres. Il s’y trouve d’ailleurs encore aujourd’hui, en souvenir de l’éruption du Krakatoa.

Navire hollandais Berouw
Navire hollandais Berouw

Au total, près de 300 villes et villages furent détruits. Et les seuls survivants sont ceux qui par hasard ont eu la chance d’être projetés dans les arbres…

L’équivalent de 13 000 Bombes A

En deux jours, l’éruption du Krakatoa a libéré une énergie équivalente à 13 000 bombes atomiques. Plus de 10 km3 de matière ont été éjectées dans l’atmosphère, ce qui a contribué à faire baisser la température mondiale de 0,25°C, perturbant le climat pendant une dizaine d’années.

Mais comment expliquer une telle violence ? Tout simplement parce que l’éruption du Krakatoa fait partie de la catégorie des éruptions pliniennes (qui tire son nom du philosophe romain Pline le Jeune).

Dans ce type d’éruption, la lave est extrêmement visqueuse : ainsi, non seulement les coulées de lave sont impossibles, mais la roche en fusion est tellement dense qu’elle a du mal à sortir de la cheminée volcanique. Conséquence : elle s’agglutine, provoque l’augmentation de la pression interne dans le volcan, ce qui aboutit à de gigantesques explosions. Dans certains cas (comme le Krakatoa ou Santorin), le volcan lui-même est complétement détruit, laissant place à une vaste caldeira.

Krakatoa aujourd'hui
Krakatoa aujourd’hui

Sur l’échelle d’explositivité volcanique, le Krakatoa se place donc en bonne position avec un 6 pointé. Evidemment, on trouve toujours pire ailleurs puisque l’échelle va jusqu’à 8 : à ce niveau, on parle de « supervolcan ultra-plinien » avec « éruption apocalyptique ». Tout un programme. De mémoire d’homme, on n’a jamais vécu ça, et avec de tels qualificatifs, on espère ne jamais avoir à le vivre !

1939. Elle accouche à l’âge de 5 ans et devient… la plus jeune maman du monde.

L’âge de la mère semble impossible. Et pour cause. Elle accouche avant son 6e anniversaire. Lina Medina, le plus jeune mère de l’humanité souffrait d’un cas extrêmement rare de maturité sexuelle ultra-précoce : en d’autres termes, quand les filles deviennent des femmes vers l’âge de 13-14 ans, Lina Medina a eu ses premières règles à 3 ans. Et le pire, c’est qu’elle a croisé le chemin d’un salopard qui l’a mise enceinte alors qu’elle n’avait même pas l’âge d’aller à l’école primaire…

Le diagnostic

lina medinaPérou. Avril 1939. Les parents de la petite Lina sont inquiets. Le ventre de leur fille ne cesse d’enfler et ils craignent la présence d’un démon dans le corps du bout d’chou. Ils consultent guérisseurs, rebouteux et autres charlatans avant de se rendre à l’hôpital de Pisco pour y rencontrer le docteur Gerardo Lozada.

En voyant la gamine, le spécialiste est pris de sérieux doutes. Il craint  d’abord une sérieuse tumeur à l’abdomen, et vu le gros ventre de la petite, ça serait une sacrément grosse tumeur. Sauf qu’au bout de quelques minutes d’examen, le docteur n’en croit pas son diagnostic : Lina est enceinte. Et bien enceinte en plus : elle en est au moins à son septième mois de grossesse… Impossible !

Pourtant l’interrogatoire des parents ne laisse plus de doutes possibles : depuis l’âge de 3 ans, la petite perd du sang tous les mois… Des règles qui ont cessé depuis 7 ou 8 mois.

Sous le choc, le médecin embarque la gamine pour présenter ce cas unique à ses confrères de la capitale. À Lima, Lina subit tous les examens possibles et imaginables, et l’incroyable diagnostic est confirmé. Atteinte de maturité sexuelle ultra-précoce, la petite a malheureusement été abusée et est tombée enceinte.

L’accouchement

L’accouchement a lieu le 14 mai 1939 en présence d’une floppée de médecins, anesthésistes, chirurgiens, infirmières… Il faut dire que l’opération est unique en son genre : une césarienne sur une gosse de 5 ans, ça ne se rate pas ! Lina, beaucoup trop petite pour accoucher naturellement, est obligée de subir l’intervention. Et c’est un petit garçon en bonne santé de 2,9 kg qui sort de son petit corps. Il sera prénommé Gerardo, en hommage au médecin qui l’a accouchée.

Si tout se passe bien, Lina est tout de même gardée presque un an à l’hôpital pour suivre son état de santé. S’occupant de ses poupées (c’est de son âge), elle se fout royalement de son bébé et on ne lui en tient pas rigueur… Finalement elle rejoint sa famille et son fils est élevé comme son frère.

L’enquête

Pourtant une question fondamentale reste en suspend : qui est le père ? Si l’entourage de la gamine y voit une intervention divine du Dieu Soleil, la police, elle, enquête. Le père est le premier à être suspecté. Accusé d’inceste, il est jeté en prison. Mais faute de preuves, on le relâche. Les soupçons se portent ensuite sur le frère déficient mental de Lina. Mais là encore, rien ne le confirme.

Aujourd’hui, 74 ans après les faits, le mystère demeure. Lina serait toujours vivante. Elle a eu un autre fils, cette fois-ci avec son mari, 33 ans après son premier enfant. Gerardo lui est mort dans sa quarantième année, d’une tumeur de la moelle osseuse. Lina, elle, n’a jamais dévoilée le nom du père de ce bébé, né lorsqu’elle avait 5 ans.

1912. Il s’élance de la Tour Eiffel et s’écrase… pour la science

Ca c’est passé un 4 février. En 1912.

C’était il y a 101 ans, jour funeste dans la conquête des airs. Le tailleur parisien Franz Reichelt est un fervent admirateur des aviateurs. Il veut faire partie de l’histoire et décide donc de créer – et de tester – son costume parachute.

Franz Reichelt fatal parachute jump, 1912

Il s’élance de la Tour Eiffel tel un oiseau ridicule, tombe comme une pierre bien lourde et s’écrase sur le Champ de Mars. Le tout filmé en direct par une caméra qui laisse ce formidable essai raté à la postérité. Alors, raconté comme ça, c’est drôle (oui ça l’est … Depuis 1912, il y a prescription quand même) et ça montre que la science peut parfois aboutir à quelques… déceptions (si je puis dire).

Vers l’infini et … dans le mur

Le petit Franz Reichelt est donc passionné par les débuts de l’aéronautique. Il saute de joie à chaque tentative de vol, pleure à chaque crash. Bref, le petit Franz est un peu comme le fan hystérique version 1912 de Justin Bieber.

Mieux encore, Franz décide lui aussi de prendre part à la folle aventure des fous du levier. Il s’investit corps et âme (c’est le cas de le dire) dans son objectif : élaborer un parachute.

Au début, il envisage des ailes repliables. Il équipe des mannequins avec ses inventions et les balance du 5e étage d’un immeuble. Seul souci, le « costume volant » pèse 70kg et les cobayes s’écrasent comme des enclumes.

Mais à coeur vaillant rien d’impossible : le petit Franz ne se décourage pas. D’autant qu’en 1911, l’aéro-club de France promet 10 000 Francs à celui qui inventera un parachute « efficace » (c’est important de le noter) de moins de 25 kg.

franzAlors il bosse comme un fou Franz. Avec ses ciseaux de tailleurs, il coupe et découpe de nouveaux prototypes. Les mannequins, eux, y mettent vraiment de la mauvais volonté et continuent de tomber avec la grâce d’un tracteur. Il décide donc de tester son concept sur lui-même. La première fois, ça se passe bien : il s’élance d’un promontoire haut de 10 mètres et retombe dans la paille. La deuxième fois, pas de paille pas d’amortissement : il s’en tire avec une jambe cassée.

Ca aurait pu lui servir de leçon. Mais non. Même pas mal. Rien ne fera reculer la science ! (ou l’idiotie, on ne sait pas). Quoi qu’il en soit, une idée lumineuse frappe le petit Franz : si ça ne fonctionne pas, ce n’est pas la faute de son parachute, c’est parce qu’il n’a pas sauté d’assez haut ! La bonne idée que voilà !

Toujours plus haut, plus fort, plus vite

Il passe donc de 10 à 57 mètres, hauteur du premier étage de la Tour Eiffel. Il demande l’autorisation de la préfecture de police de Paris (qui lui accorde) et commence par envoyer quelques mannequins par dessus le bord (encore).

Et un beau jour, le voilà qui arrive sans son mannequin. En ce clair matin de février 1912, il a enfilé son propre costume-oiseau et s’apprête à faire le grand saut (à tous les sens du termes) pour leur montrer à tous que son invention fonctionne ! Même la presse est là, convoquée la veille par le kamikaze : une trentaine de reporters, deux cameraman, et même BFM TV…

Quelqu’un lui conseille de mettre la corde de sécurité mais lui, répond qu’il « tient à prouver la valeur de son invention« . Ah vanité !

Le petit Franz est donc au bord du vide, le sourire aux lèvres. Il avance, il recule, il regarde en bas. Il hésite pendant quelques dizaines de secondes. Et finalement, il se lance. Mais son costume s’enroule autour de lui. Du coup, il rigole moins. Et il tombe comme une pierre à la vitesse grand V.

Pauvre petit Franz… s’il avait su deux jours avant, qu’un américain a sauté de la statue de la Liberté et que lui, en revanche, a survécu grâce à son parachute circulaire, il aurait sans doute attendu de perfectionner son modèle avant de faire le grand saut.