Archives pour la catégorie Santé

20 mai 1983. Le virus du Sida est découvert

Ca faisait déjà un moment que ça couvait. Plusieurs années même. Les premiers cas sont décrits dès 1981 aux Etats-Unis.  A l’époque, on parle du « syndrome gay » et pas encore du « syndrome d’immunodéficience acquise ». Les médecins remarquent que de plus en plus de jeunes adultes jusqu’alors en bonne santé, se mettent à développer des infections fulgurantes liées à une baisse anormale de leurs défenses immunitaires. En parallèle, le Centre de contrôle des maladies d’Atlanta (CDC) annonce avoir repéré une consommation de plus en plus élevée d’un médicament qui traite des infections pulmonaires (pourtant supposées rares)… corroborant les observations des médecins sur le terrain. La chasse au virus est lancée. Lire la suite 20 mai 1983. Le virus du Sida est découvert

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Trois cas de méningite mortelle en France : doit-on s’alarmer ?

Peut-être avez-vous croisé le regard inquiet d’un proche lorsque, enfant, vous vous plaigniez publiquement d’une douleur dans la nuque. « Ça pourrait être une méningite… », soufflait une grand-mère anxieuse. Angoisses balayées d’un revers de main par un lapidaire « ça va passer » des parents occupés.

La méningite, pour moi, évoque cette menace planante entretenue par deux ou trois faits divers, équivalent de mort assurée et rapide (ne parle-t-on pas de méningite foudroyante ?) mais bien trop rare pour imaginer être un jour concerné. Pourtant, l’actualité vient de nous rappeler que, loin d’être un fantasme, la méningite tuait encore en France. Trois jeunes hommes, âgés de 22 à 29 ans, sont morts entre vendredi et dimanche à Nice (de méningites de souches différentes) tandis que deux adolescents sans lien avec les trois victimes sont actuellement hospitalisés dans la même ville, dont l’un dans un état grave, pour des méningites. L’occasion d’en savoir un peu plus sur cette pathologie. Lire la suite Trois cas de méningite mortelle en France : doit-on s’alarmer ?

Pourquoi le sexe est bon pour la santé

C’est la Saint-Valentin ! Aujourd’hui, cuicui les petits oiseaux, petits cœurs dégueulant dégoulinant d’amour et séances sous la couette sont au programme. Ça tombe bien, le sport de chambre, c’est bon pour la santé !

Le sexe fait brûler des calories

Fini le régime Weight Watchers, place aux séances privées avec votre cher(e) et tendre ! Si les scientifiques ne s’accordent pas tous sur la quantité de calories brûlées pendant l’acte, ils sont d’accord sur un point : le sexe est bon pour se dépenser. Pour une demi-heure d’activité sous la couette, il faut compter entre 80 et 200 calories dépensées (tout dépend de votre rythme). Lire la suite Pourquoi le sexe est bon pour la santé

1939. Elle accouche à l’âge de 5 ans et devient… la plus jeune maman du monde.

L’âge de la mère semble impossible. Et pour cause. Elle accouche avant son 6e anniversaire. Lina Medina, le plus jeune mère de l’humanité souffrait d’un cas extrêmement rare de maturité sexuelle ultra-précoce : en d’autres termes, quand les filles deviennent des femmes vers l’âge de 13-14 ans, Lina Medina a eu ses premières règles à 3 ans. Et le pire, c’est qu’elle a croisé le chemin d’un salopard qui l’a mise enceinte alors qu’elle n’avait même pas l’âge d’aller à l’école primaire…

Le diagnostic

lina medinaPérou. Avril 1939. Les parents de la petite Lina sont inquiets. Le ventre de leur fille ne cesse d’enfler et ils craignent la présence d’un démon dans le corps du bout d’chou. Ils consultent guérisseurs, rebouteux et autres charlatans avant de se rendre à l’hôpital de Pisco pour y rencontrer le docteur Gerardo Lozada.

En voyant la gamine, le spécialiste est pris de sérieux doutes. Il craint  d’abord une sérieuse tumeur à l’abdomen, et vu le gros ventre de la petite, ça serait une sacrément grosse tumeur. Sauf qu’au bout de quelques minutes d’examen, le docteur n’en croit pas son diagnostic : Lina est enceinte. Et bien enceinte en plus : elle en est au moins à son septième mois de grossesse… Impossible !

Pourtant l’interrogatoire des parents ne laisse plus de doutes possibles : depuis l’âge de 3 ans, la petite perd du sang tous les mois… Des règles qui ont cessé depuis 7 ou 8 mois.

Sous le choc, le médecin embarque la gamine pour présenter ce cas unique à ses confrères de la capitale. À Lima, Lina subit tous les examens possibles et imaginables, et l’incroyable diagnostic est confirmé. Atteinte de maturité sexuelle ultra-précoce, la petite a malheureusement été abusée et est tombée enceinte.

L’accouchement

L’accouchement a lieu le 14 mai 1939 en présence d’une floppée de médecins, anesthésistes, chirurgiens, infirmières… Il faut dire que l’opération est unique en son genre : une césarienne sur une gosse de 5 ans, ça ne se rate pas ! Lina, beaucoup trop petite pour accoucher naturellement, est obligée de subir l’intervention. Et c’est un petit garçon en bonne santé de 2,9 kg qui sort de son petit corps. Il sera prénommé Gerardo, en hommage au médecin qui l’a accouchée.

Si tout se passe bien, Lina est tout de même gardée presque un an à l’hôpital pour suivre son état de santé. S’occupant de ses poupées (c’est de son âge), elle se fout royalement de son bébé et on ne lui en tient pas rigueur… Finalement elle rejoint sa famille et son fils est élevé comme son frère.

L’enquête

Pourtant une question fondamentale reste en suspend : qui est le père ? Si l’entourage de la gamine y voit une intervention divine du Dieu Soleil, la police, elle, enquête. Le père est le premier à être suspecté. Accusé d’inceste, il est jeté en prison. Mais faute de preuves, on le relâche. Les soupçons se portent ensuite sur le frère déficient mental de Lina. Mais là encore, rien ne le confirme.

Aujourd’hui, 74 ans après les faits, le mystère demeure. Lina serait toujours vivante. Elle a eu un autre fils, cette fois-ci avec son mari, 33 ans après son premier enfant. Gerardo lui est mort dans sa quarantième année, d’une tumeur de la moelle osseuse. Lina, elle, n’a jamais dévoilée le nom du père de ce bébé, né lorsqu’elle avait 5 ans.

La peste peut-elle revenir en Europe ?

Charnier de Londres. 15/03/13
Charnier de Londres. 15/03/13

Il y a quelques semaines, lors de travaux de forage à la City, une quinzaine de squelettes ont été déterrés. Des victimes de Jack l’Eventreur ? Non, d’un autre serial killer autrement plus efficace : la peste. Des tests doivent encore être opérés, mais les archéologues en sont quasiment sûrs : il s’agit bien d’un charnier abritant des victimes de la grande peste du XIVe siècle. Pourquoi en sont ils si sûrs ? Parce que des documents datant des années 1500 suggèrent qu’il pourrait y avoir jusqu’à 50000 cadavres enterrés dans cette zone de Londres!

Si aujourd’hui, la peste n’existe quasiment plus en Europe depuis trois siècles, elle tue encore plus de 600 de personnes dans le monde chaque année. Alors pourquoi une résurgence de la maladie ne se représenterait-elle pas sur le Vieux Continent ? Et quels seraient les risques compte tenu de notre résistance de plus en plus grande aux antibiotiques ?

Qui est Yersinia Pestis ?

La peste, de son petit nom Yersinia Pestis, est une bactérie qui survit dans le sang des mammifères, notamment des rats, souvent accusés de répandre la maladie. En réalité, ce sont les puces les véritables responsables puisqu’elles transmettent le bacille à l’homme après avoir sucé le sang contaminé des rongeurs.

Quant à l’origine de la contamination des rongeurs, le doute subsiste : des travaux d’expérimentation, menés dans les années 1950, ont montré une persistance de la bactérie de la peste dans le sol. Les rongeurs fouineurs seraient alors contaminés par ces sols par inhalation, mais les résultats n’ont jamais été confirmés.

Scène de la peste de 1720 à la Tourette, de Michel Serre
Scène de la peste de 1720 à la Tourette, de Michel Serre

Il existe plusieurs types de pestes : la peste noire, également appelée peste bubonique, la peste septicémique et la peste pneumonique. Je vous épargnerai le détail de chacune d’elle. Sachez tout de même que la peste pneumonique (qui touche les poumons) est la plus contagieuse car elle passe par les voies respiratoires et peut se transmettre par la toux. La bubonique, elle, (la forme la plus courante de la maladie) vous laisse à jamais d’énormes traces sur tout le corps si vous en réchappez … ce qui est rarement le cas (il colonise les organes et le sang, et provoque une septicémie fatale). Sympa hein?

Les grandes épidémies 

Les grandes épidémies de peste

Yersinia Pestis est responsable des pires épidémies de l’histoire. A côté, H1N1 peut aller se rhabiller. On peut noter la grande peste d’Athènes, en -430, ou la peste de Justinien, qui a sévi entre entre le VIe et le VIIe siècle dans tout le bassin méditerranéen.

Mais la palme revient à la pandémie de Peste Noire du milieu de 1347. Elle a littéralement décimé l’Europe : entre 30 et 50% de la population ont passé l’arme à gauche, soit 25 millions de personnes ! Il faut dire que la peste est friande des endroits insalubres, de la grande misère, et des organismes affaiblis par la famine. Ca tombe bien: en 1347, les famines se succèdent déjà depuis plusieurs années (en raison d’un refroidissement climatique peut-être dû à l’éruption d’un volcan ou la chute d’une météorite) et la guerre de 100 ans fait rage (par dessus le marché) depuis déjà 10 ans… De quoi mettre en appétit la peste noire, qui arrive à Marseille, à bord de bateaux génois en provenance de Crimée.

Jusqu’au XVIIIe siècle, des épisodes majeurs de peste se déclarent encore régulièrement en Europe : à Toulouse en 1628, à Londres en 1666 et à Marseille en 1720. Celle de Marseille fit entre 90 000 et 120 000 victimes sur une population de 400 000 habitants. Celle de Londres, elle, provoqua la mort de 75000 personnes. L’épidémie fut éradiquée avec le grand incendie de Londres qui survint la même année (1666 fut renommée année du diable par les Anglais… on comprend pourquoi).

Aujourd’hui, c’est surtout en Afrique et en Asie que la maladie frappe le plus. L’Amérique Latine est également touchée, ainsi que les Etats-Unis, qui comptent en moyenne une dizaine de victimes de la peste chaque année*. Au total, il y aurait eu 50 00 cas de peste entre 1990 et 2009, répartis dans une trentaine de pays, dans le monde. En France, les derniers cas avérés remontent à 1945, en Corse.

Bleu ciel : Cas de peste reportés, 1970–1998. Bleu foncé : Présence du pathogène chez les animaux.

 

Comment lutter contre la peste ?

  • Avant

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Il est loin le temps où les médecins s’affublaient de longues robes noires et de becs d’oiseaux remplis de plantes médicinales ! Au Moyen-Âge, totalement démunie face aux maladies graves comme la peste, la population invoque les saints pour se soigner. Par ailleurs, l’épidémie étant une punition divine, il faut donc se repentir. Comment ? En brûlant les hérétiques et les lépreux, en se flagellant, en torturant les juifs, accusés de propager la maladie… Des méthodes pas très efficaces contre la peste, vous vous en doutez.

L’autre méthode, c’est de faire des saignées : ce qui n’a pour d’autres effets que d’achever les patients. Le troisième traitement consiste en trois verbes, qui vous rappelleront un film récent : «Cito, longe fugeas, et tarde redeas», c’est-à-dire «Pars vite, longtemps, et reviens tard»… ce qui revenait à accélérer la propagation de la maladie.

  • Maintenant

Heureusement, depuis cette époque, nous avons des traitements autrement plus efficaces : la peste se soigne par les antibiotiques. Seul problème : non seulement les malades n’y ont pas toujours accès (dans les zones endémiques, il est impossible de prendre des antibiotiques en continu), mais en plus, les résistances aux médicaments sont de plus en plus importantes. Qu’adviendrait-il alors si la maladie revenait frapper nos contrées ? Si la peste était utilisée comme arme chimique ? En cas de résistance aux antibiotiques, il faudrait trouver d’autres solutions, et vite.

seringueMais pas de panique… A l’heure actuelle, le meilleur moyen pour se prémunir de la peste reste l’assainissement du milieu : l’histoire a montré qu’une population avertie, couplée à une politique sanitaire efficace, était l’idéal pour contrôler la maladie. Ce qui n’est pas toujours facile à réaliser dans les foyers actifs de la peste situés dans les pays en développement (République démocratique du Congo, Madagascar).

Aujourd’hui, les chercheurs continuent toujours de chercher un vaccin

*Ce chiffre étonnant est le résultat de l’épidémie de Hong-Kong, au début du XXe siècle, et des bateaux qui ont importé rats et puces infectés dans le port de San Francisco.