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Cambodge, Mexique : deux cités perdues retrouvées

A 15 jours d’intervalle, deux cités antiques perdues, l’une au Mexique, l’une au Cambodge, ont été retrouvées. Indiana Jones n’aurait pas fait mieux ! Âgées d’environ 1200 ans, elles ont été mises à jour grâce à deux procédés techniques différents : le radar laser et la stéréoscopie.

Cambodge, un laser pour une cité mythique

Il y a très longtemps, dans un pays lointain, la cité de Mahendraparvata était la capitale de l’empire Khmer. Au milieu de la ville trônaient d’immenses temples de pierre au formes ovales et aux sculptures somptueuses. Sur les kilomètres alentours vivaient de nombreux habitants dont les maisons étaient faites de bois. La cité très étendue bénéficiait d’un gigantesque réseau hydraulique pour ravitailler en eau les populations…

Derrière cette belle histoire se cache un fait historique : la cité perdue de Mahendraparvata est bien réelle. Evoquée dans les textes anciens de la civilisation Khmer, la ville, plus vieille encore que sa voisine Angkor, aurait été la première capitale de l’empire, il y a 1200 ans.

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Enfouie au plus profond de la jungle cambodgienne, elle a été découverte grâce à une technologie récente : le LiDAR. Ce radar laser, qui donne une vision très précise de la topographie d’une zone, a été fixé à un hélicoptère. Celui-ci a, en avril 2012, survolé une bande de terre dans les montagnes de Phnom Kulen, non loin d’Angkor. Trois millions de points topographiques ont pu être enregistrés et plusieurs milliers de clichés aériens ont été pris. Ce qui a permis aux archéologues de découvrir d’un coup cette ville entière!

Avec une précision à 20 cm près, les relevés topographiques ont en effet révélé les traces de l’ancienne ville, avec ses larges avenues , ses bassin et canaux d’irrigation. Sans ce système, il aurait été impossible de distinguer quoi que ce soit, tant la jungle est épaisse, même vue du ciel. Selon Damian Evans, directeur du centre de recherches archéologiques de l’université de Sydney au Cambodge, il aurait fallu plus de 10 ans de travail pour obtenir toutes les données fournies (en 2 jours!) par le radar laser.

Angkor Vat
Angkor Vat

Reste maintenant aux archéologues d’explorer le terrain et de mettre à jour les ruines encore enfouies sous terre, d’interpréter les découvertes, de trouver des indices qui pourraient expliquer le déclin de la civilisation khmer d’Angkor (déforestation ? environnement ?). Et bien sûr, de trouver des fonds pour approfondir les recherches et réutiliser le LiDAR sur une zone plus vaste… Autant dire qu’il y a du boulot!

Mexique, une stéréoscopie pour une ville Maya inconnue

Au Mexique, il pourrait s’agir de l’un des plus grands sites de la civilisation Maya. Elle aussi est cachée au coeur de la forêt tropicale. Située dans l’est du pays, cette cité de 22 hectares dort paisiblement au milieu de la végétation depuis plus de 1000 ans.

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Baptisée Chactun, « pierre rouge », les ruines ont été découvertes grâce à la technique de la stéréoscopie: elle permet de donner une perception de reliefs à partir d’images planes. Sur la base de clichés aériens, les vestiges d’une ville sont apparus alors que jusqu’à présent, cette zone constituait un blanc total sur la carte archéologique de la civilisation Maya. Cette découverte vient s’ajouter à quelques 80 sites de la civilisation Maya déjà détectés par le projet de reconnaissance archéologique du sud-est du Mexique, lancé en 1996.

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Une expédition s’est donc rendue sur place pour découvrir approfondir les recherches. Là-bas, les archéologues ont mis à jour de nombreuses constructions pyramidales, la plus haute atteignant près de 23 mètres de hauteur, ainsi qu’un douzaine de monuments sculptés portant des inscriptions Maya. Ils y ont également trouvé des places, des zones résidentielles, des stèles et autels avec des restes de stuc et décors peints… Bref, les restes d’une ville entière autrefois riche et puissante.

Preuves qu’il reste encore des cités perdues à découvrir. Qui sait ? L’El Dorado n’est peut-être plus très loin…

Une pyramide vieille de 5000 ans détruite au Pérou

Il y a quelques semaines, le Globserver évoquait la destruction d’une pyramide Maya de 2300 ans au Belize, par une entreprise de construction. C’est au tour du Pérou de voir l’une de ses pyramides massacrée…

site-El-Paraiso-au-Perou_scalewidth_630Samedi dernier, un groupe de délinquants s’introduit sur le site archéologique El Paraiso. Leur objectif ? Détruire une pyramide  haute de 6 mètres et vieille de 5000 ans ! Avec une pelleteuse, ils démolissent la pyramide en question. Ils déversent ensuite des ordures sur le site et y mettent le feu, avant de se tourner vers d’autres pyramides, qu’ils comptent également détruire. Heureusement, la police arrive sur place et les met en fuite avant qu’ils ne poursuivent leurs basses besognes.

Derrière le saccage de ce site historique : une société immobilière qui voulait faire un peu de place et qui aurait agi avec la complicité d’une famille de la région. Selon l’un des archéologues du site, « ce n’est pas la première fois qu’ils essaient de s’approprier ce site.»

Le site d’El Paraiso

El Paraiso est un site archéologique reconnu : c’est le plus grand et le plus ancien de Lima et de la côte centrale du Pérou. Il compte douze pyramides et s’étend sur 64 hectares. Les travaux pour la mise en valeur du site, qui compte de nombreuses ruines, ont démarré en décembre 2012, ce qui avaient donné lieu à une découverte d’importance : une plaque vieille de 5000 ans, associée à la tradition religieuse précolombienne. D’après les archéologues, entre 1 500 et 3 000 personnes y auraient vécu en 3 000 avant notre ère.

Les responsables de la destruction de la pyramide encourent jusqu’à 8 ans de prison.

L’actu de la semaine (28 juin 2013)

Ces dernières semaines comptent deux nouvelles importantes pour l’environnement : le plan d’Obama contre le réchauffement climatique, et la peine de mort instaurée pour les pollueurs chinois… On note également la découverte d’un rat-taupe comme traitement contre le cancer, de dinosaures enlacés depuis 250 millions d’années et de trois exo-planètes potentiellement habitables ! Lire la suite L’actu de la semaine (28 juin 2013)

Une pyramide Maya de 2300 ans détruite au bulldozer

Incroyable mais vrai : une entreprise de construction a détruit l’une des plus grandes et anciennes pyramides du Belize pour en extraire la roche nécessaire à la création d’une route qui passe à proximité.

Selon James Awe, directeur de l’Institut d’archéologie du Belize, la mise à sac des ruines de Nohmul, une pyramide qui date de plus de 2300 ans, aurait commencé il y a quinze jours. Et même s’il ne s’agissait pas de la pyramide la mieux conservée, impossible que les constructeurs n’aient vu le sommet sculpté de la pyramide, qui culmine à près de 30 mètres de haut…

Britain's Prince Harry visits the Xunantunich Mayan temple near Benque Viejo

La compagnie de construction, qui avait besoin de pierres et gravats pour construire son projet de route, a attaqué la pyramide à coups de bulldozers. «Ils savaient qu’il s’agissait d’une structure ancienne, a déclaré James Awe. Ce n’est que de la paresse. Avec des outils modernes, il aurait été possible d’aller chercher ces pierres dans n’importe quelle carrière.»

«Les Mayas utilisaient de bons matériaux pour construire leurs temples, et il se trouve que ces temples sont proches du lieu où la route est construite, précise John Briceno, homme politique local. La compagnie de construction avait donc moins de kilomètres à parcourir : de quoi faire des économies d’essence et de budget.»

La pyramide était située sur un terrain privé… Une raison insuffisante pour le détruire puisque selon la loi, toute ruine pré-hispanique est sous protection gouvernementale, qu’elle se trouve ou non sur un terrain privé.

Et voilà ce qui reste aujourd’hui de la pyramide de Nohmul :

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L’homme qui avait 340 000 ans

Jusqu’à présent, les scientifiques estimaient à 140 000 ans l’âge d’«Adam», notre ancêtre génétique à tous. Or, voilà que les échantillons d’un américain, décédé il y a seulement quelques années, remettent tout en question. Avec son chromosome Y de derrière les fagots, il fait remonter notre arrière-arrière-arrière-arrière-etc-grand-père commun à … 340 000 ans. Un sacré coup de vieux pour Adam !

Le chromosome caché d’un homme préhistorique

Lorsque l’échantillon d’Albert Perry, un afro-américain de Caroline du Sud récemment décédé, est arrivé dans le laboratoire chargé d’effectuer des tests généalogiques , le problème est vite apparu. La séquence génétique de son chromosome Y ne ressemblait à rien de connu. En clair, il ne descendait pas de notre « Adam génétique » mais d’un autre Adam… un événement qui remettait entièrement en cause l’arbre généalogique (ou phylogénétique pour les intimes) de l’humanité.

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Les chercheurs ont donc décidé d’approfondir leurs recherches : ils ont comparé les variations génétiques de différents groupes ethniques avec celles de notre plus proche cousin, le chimpanzé, pour estimer la vitesse à laquelle sont apparues ces mutations. Ils ont ainsi pu remonter dans le temps pour greffer notre arbre généalogique à un tronc plus ancien, portant le chromosome Y d’Albert Perry.

Quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’ils ont découvert l’âge de notre nouvel ancêtre commun à tous (y compris à Albert Perry) : 340 000 ans !

Alors comme ça, vous me direz «340 000 ans, ok cool et alors ?» Ce à quoi je vous répondrait : «N’y a-t-il pas un problème de date ?» Parce qu’il y a 340 000 ans, l‘homme moderne n’existait tout simplement pas encore ! A cette lointaine époque, nous n’étions que de simples Homo Erectus, grognant comme des zombies et à peine capable de casser une pierre correctement.

Or Albert Perry, lui, était bien un Homo Sapiens… Alors comment expliquer qu’un homme du XXe siècle ait pu cacher dans son patrimoine génétique un chromosome datant de l’âge de pierre ? Comment Albert Perry pouvait-il avoir en lui les gênes d’un ancêtre âgé de 340 000 ans ?

Les noeuds de notre arbre généalogique

Le premier fossile de la version moderne de l’être humain remonte à environ 200 000 ans. Ce qui signifie que la lignée du chromosome Y d’Albert Perry s’est détachée du reste de l’humanité bien avant que notre espèce n’apparaissent.

Mais étant donné qu’Albert combinait toutes les caractéristiques de l’homme moderne – mais avec un chromosome Y plus ancien !- , l’hypothèse la plus probable est, qu’à un moment donné, un groupe d’Homo Sapiens s’est mélangé à un groupe d’humains « archaïques » aujourd’hui disparus.

En effet, à l’apparition de l’Homo Sapiens tel que nous le connaissons aujourd’hui, d’autres groupes d’humains existaient déjà : l’homme de Néandertal en faisait partie, tout comme l’Homo Rhodesiensis ou les Denisovans. Ils ont survécu, pour certains, jusqu’à une période comprise entre – 30 000 et – 10 000 ans et aurait donc très bien pu se mélanger à d’autres populations.

Ces groupes auraient ainsi réinjecté dans la population moderne leur chromosome Y primitif, qui s’est ensuite transmis de père en fils jusqu’à Albert Perry.

Les branches s'éloignent et se recoupent dans notre arbre généalogique. ©Peter Papay
Les branches s’éloignent et se recoupent dans notre arbre généalogique. ©Peter Papay

 

Cette hypothèse est corroborée par les résultats de recherches archéologiques qui ont été menées au Nigeria en 2011, sur un site nommé Iwo Eleru. Là-bas, des ossements présentant un étrange mélange de caractéristiques modernes et anciennes ont été retrouvés. Les paléo-anthropologues en ont donc déduit qu’Homo Sapiens avait cohabité et s’était reproduit avec les descendants d’une ligne archaïque.

Par ailleurs, c’est à peine à 800 km de ce site, dans le sud-ouest du Cameroun, que les chercheurs ont mis la main sur un peuple africain, les Mbo, présentant un chromosome Y comparable à celui d’Albert Perry. De lointains cousins en somme.

Comme quoi, notre évolution, loin d’être linéaire, ressemble plutôt à un arbre donc les branches se séparent et se recroisent sans cesse…

Pour en savoir plus, voici l’étude publiée dans l’American Journal of Human Genetics, d’où est tirée cette histoire.

On a retrouvé Richard III

Après la tête d’Henri IV il y a un mois, c’est bien le corps de Richard III qui a été identifié lundi (4 février). 

« Le Roi du Parking »

Richard_IIIVoilà plus de 5 siècle que le mystère planait sur l’endroit où se trouvait la dépouille du célèbre souverain. Et (comme on dit dans mon pays), v’là t’y pas que des archéologues fouillant un parking de Leicester, au Royaume-Uni, découvrent il y a quelques mois un squelette présentant des indices troublants : colonne vertébrale déformée (Richard III souffrait d’une scoliose) et blessures non cicatrisées compatibles avec une mort violente sur un champ de bataille.

Après quelques analyses et quatre mois d’attente, les résultats tombent : le corps exhumé, nommé à point nommé par les médias « le roi du parking« , est bien celui de Richard III, dernier roi Plantagenêt d’Angleterre. Lire la suite On a retrouvé Richard III