Archives du mot-clé tempête

L’actu de la semaine (12 novembre 2013)

Après quelques semaines d’absence, Le Globserver est de retour ! Et cette semaine dans l’actu, il y a de quoi nous en mettre plein la vue : un astéroïde à 6 queues, un super-typhon, une éclipse de saturne, un satellite désintégré, beaucoup de pollution et une immense plateforme océanique.

Espace.

astéroideAstéroïde bizarre. D’habitude ils ressemblent à un point lumineux dans l’immensité de l’espace. Celui-là, possède 6 queues de poussière rayonnant autour de lui, le faisant ressembler à une comète qui ne sait plus où donner de la tête… Détecté par Hubble au niveau de la ceinture d’astéroïde située entre Mars et Jupiter, l’objet découvert est unique en son genre. De son petit nom P/2013 P5, il stupéfait les astronomes, incapables d’expliquer pourquoi un astéroïde se mettrait à tournoyer et éjecter de la poussière dans tous les sens…

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L’actu de la semaine (25 septembre 2013)

Cette semaine dans l’actu, nous trouvons une fausse-vraie preuve de vie extraterrestre (et une vraie preuve de sa non-existence sur Mars), des leçons de drague scientifique, des bébés panda, des poissons rouges adeptes de Bach et du cérumen de baleine pollué. On trouve la science n’importe où !

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L’actu de la semaine (13 juin 2013)

Au programme de cette actu de la semaine : des tortues qui perdent le nord, des méduses au menu, un orage supercellulaire, un drône télépathe, les dessous de l’Antarctique et des météorites chez les Pharaons… Il y a toujours de l’animation dans le monde scientifique !

Espace.

Anniversaire. Joyeux anniversaire au Very Large Telescope qui fête cette année ses 15 ans d’observation spatiale depuis le désert d’Atacama au Chili et qui fournit toujours d’aussi beau clichés de notre univers ! Lire la suite L’actu de la semaine (13 juin 2013)

L’actu de la semaine (23 mai 2013)

Très grosse actu depuis 10 jours ! Entre la tornade de Moore, le Pôle Nord qui perd le nord, les réfugiés du changement climatique, de la morve de serpent comme vêtement et Curiosity qui perce des trous (des petits trous, encore des petits trous), je ne sais plus où donner de la tête !

Hommes.

vih_dr– VIH. Triste anniversaire : celui des 30 ans de la découverte du SIDA. A cette occasion,  les grands noms de la recherche sur le sida sont réunis pour un colloque international sur les défis en cours et à venir : vaccins, traitements précoces… Lire la suite L’actu de la semaine (23 mai 2013)

Attaque de moustiques géants en Floride

Ils seraient dignes d’un film d’horreur à la Hitchcock. Le titre serait «l’attaque des moustiques mangeurs d’hommes»… Les Gallinippers, ou moustiques-monstrueux (de leur petit nom) sont prêts à envahir la Floride. Ils mesurent plusieurs centimètres et leur morsure serait aussi douloureuse qu’un coup de couteau. Que du bonheur. gallinipper-mosquito

L’attaque commencera cet été… 

La Floride n’a vraiment pas de bol. Les pauvres sont déjà l’objet de trous géants mangeurs d’hommes (le Globserver en parlait encore la semaine dernière), de pythons, d’alligators et de requins, tous mangeurs d’hommes aussi. Et je ne parle pas des ouragans, des tempêtes tropicales et des tornades. Bref. Un endroit fort sympathique.

L’an passé, les fameux moustiques Gallinippers ont envahi le paysage, tout particulièrement après la tempête Debby. Car oui, les moustiques aiment l’eau (pour y pondre leurs oeufs). Et si cette année est aussi pluvieuse qu’en 2012, leur nombre pourrait encore augmenter. Ils aiment également la chaleur, d’où leur arrivage massif prévu pour le début de l’été.

Des insectes vampires

Le problème avec ces buveurs de sang, c’est que leurs oeufs peuvent «hiberner» pendant plusieurs années, attendant patiemment une bonne grosse crue pour éclore. Pendant cette période, les larves sont si voraces qu’elles peuvent avaler de petits animaux aquatiques, et même des têtards !

Une fois sortis de leur coquille, le massacre continue. Contrairement aux moustiques habituels (que l’on regretterait presque) qui sortent à la tombée de la nuit, les Gallinippers se nourrissent tout le temps, jour et nuit non-stop. Ils sont tellement gros, qu’ils peuvent vous mordre à travers vos vêtements. Et ils n’ont peur de rien puisqu’ils s’attaquent en groupe aux animaux, domestiques ou sauvages, et même aux poissons.

Nuisible depuis deux siècles

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Les premières descriptions de cet insecte aussi inhabituel que répugnant remontent à 1897 : «c’est le plus intimidant, le plus sournois, le plus méchant et le plus venimeux de tous», raconte un écrivain de l’époque, qui, par «venimeux», fait référence à la douleur des morsures.

A cause de leur taille immense, il est difficile de les éloigner, même avec les plus nocifs des insecticides.

Pour les habitants de la Floride, il va pourtant falloir s’armer (et pas seulement de patience) cet été : les larves de Gallinippers se sont rassasiées depuis l’année dernière avec les larves des autres (gentils?) moustiques… et elles sont fin prêtes à venir croquer de l’humain.

Pluie de feu sur le Soleil

Pluie coronale
Pluie coronale

«Il pleut il pleut bergère… rôtit tes blancs moutons». C’est typiquement le genre de chansons qu’on pourrait fredonner sur le soleil. Car oui, phénomène rare et d’une grande beauté : il pleut sur le soleil. Cependant, quand je dis « il pleut », n’imaginez pas des trombes d’eau à la mode bretonne. Il s’agit de pluie coronale ou pluie de plasma.

Le soleil, ce grand hyperactif

Ca bouge tout le temps à sa surface. Les éruptions n’arrêtent jamais. Comme une grande fête que personne ne souhaite quitter. Ce éruptions projettent d’énormes quantités de plasma (soupe de gaz, ions et électrons) dans l’espace. Cela ne manque pas de provoquer quelques petites perturbations magnétiques sur Terre, qui déplaisent souvent à nos satellites et moyens de communication.

Et la colère du Soleil peut être vraiment très très très impressionnante… En témoigne cette photo de l’éruption du 31 décembre 2012 comparée avec la Terre : notre petit bout de rocher bleu de 12 756 km de diamètre ne fait définitivement pas le poids à côté de cette vague de feu de plus de  250 000 km de large.

Eruption solaire du 31 décembre 2012. Crédit NASA / SDO.
Eruption solaire du 31 décembre 2012. Crédit NASA / SDO.

Souvent, les grosses éruptions sont préfigurées par l’apparition de tâches sombres sur le soleil (non visibles à l’oeil nu bien sûr, ni pensez pas, vous seriez aveugle en moins de 2). Le Soleil, tel un adolescent boutonneux, possède en effet des sortes de spots, beaucoup moins lumineux que le reste de l’astre : il s’agit de zones plus froides (4 000° degrés tout de même). Et plus il en a, plus il est actif.

Le programme SDO

Solar Dynamics Observatory est un programme de la NASA lancé il y a trois ans. Son objectif ? Comprendre les changements du champ magnétique solaire de façon à protéger nos satellites des colères de l’astre. Pour ce faire, la sonde SDO photographie l’étoile sous toutes les coutures. Ce qui nous permet aujourd’hui, de nous en mettre plein les yeux.

Cette vidéo, filmée dans le domaine ultraviolet, montre la formation de la boucle coronale et la pluie de plasma qui en résulte. Ces boucles, phénomènes étonnants découverts pour la première fois en 1946, apparaissent lorsque des lignes de champ magnétique forment des sortes de tubes de plasma. Et ça donne une jolie pluie coronale ! Pour info, le son de la vidéo n’est bien évidemment pas réel : dans l’espace, il n’y pas d’air donc pas de son !

Last but not least, ne manquez pas une petite compilation des images prises par la sonde SDO réalisées par la NASA. Enjoy !

Epopée(s) Polaire(s)

Une chaloupe, six coéquipiers, et 1480 km à parcourir dans l’océan Austral… Ces scientifiques qui reproduisent les expéditions passées.  

Certains s’amusent avec des petits soldats, ou reproduisent les grandes épopées sur des jeux de société. D’autres, comme Tim Jarvis, vont beaucoup plus loin. Ce scientifique environnemental/aventurier a comme hobby de recréer en vrai des expéditions polaires mythiques, dans les mêmes conditions qu’à l’époque où elles ont été réalisées.

A : l'île de l'EléphantB : Georgie du Sud
A : l’île de l’Eléphant
B : Georgie du Sud

En 2007, il commence donc par reproduire le voyage de Douglas Mawson, un géologue qui dirigea une expédition en Antarctique entre 1911 et 1914.  Tim Jarvis est parti avec les mêmes vêtements, la même quantité de nourriture, le même équipement que Mawson en 1911. Le but ? Tester la théorie selon laquelle l’explorateur aurait dû cannibaliser ses collègues morts de froid pour survivre… Mmmmm.

Aujourd’hui, Tim Jarvis tente une nouvelle folle aventure dans le grand froid. Avec 5 coéquipiers, ils ont embarqué vendredi (25 janvier), sur un petit canot. Ils doivent rallier l’île de l’Eléphant (A), située à la pointe de l’Antarctique, à la Géorgie du Sud (B), 1480 km plus au nord. Leur objectif est de refaire (toujours dans les mêmes conditions qu’à l’époque) le voyage de Ernest Shackelton, un explorateur parti chercher du secours à bord de son canot de sauvetage, après le naufrage de son navire prisonnier des glaces en 1916.

Shackelton, héros de la conquête polaire

En 1912, tandis que Roald Amundsen part à la conquête du pôle Sud (et que le Titanic sombre dans l’Atlantique), Ernest Shackelton, lui, n’a qu’un idée en tête : la gloire. Il se concentre donc sur ce qu’il estime être le dernier grand objectif de la conquête de l’Antarctique : la traversée du continent, de la mer de Weddell à la mer de Ross, en passant par le pôle Sud. 2900 km à parcourir à pied sans compter le périple en bateau pour y arriver. En somme, une charmante promenade de santé.

Shackelton monte l’expédition Endurance, qui prend la mer en décembre 1914 : le navire Endurance, qu’il dirige, passera par la mer de Weddell, tandis qu’un deuxième navire, l’Aurora, commandé par Mackintosh (ça ne s’invente pas!), passera de l’autre côté de l’Antarctique par la mer de Ross, pour y déposer des provisions.

L'Endurance broyé par les glaces, sur le point de couler en novembre 1915.
L’Endurance broyé par les glaces, sur le point de couler en novembre 1915.

Malheureusement les galères arrivent rapidement. Les conditions météo se dégradent progressivement et fin janvier, un mois et demi après leur départ, le bateau est bloqué dans les glaces. C’est le début d’une lente dérive du navire avec la banquise. Huit mois d’attente et en septembre, le printemps arrive (ben oui, c’est l’hémisphère sud !). Shackelton se dit « ouf ! enfin nous allons pouvoir sortir! » sauf que la rupture des glaces provoque de fortes pressions sur le navire… qui commence à se remplir d’eau. La fine équipe finit par abandonner le navire qui sera peu après broyé et englouti sous les glaces de l’Antarctique.

Voilà donc l’expédition Endurance sans bateau, coincée sur la banquise. Les marins espèrent que celle-ci dérive assez pour les emmener 400 km au nord, vers l’île Paulet où ils auront une chance d’être secourus. Cinq mois passent, à se nourrir de phoques, dans un froid polaire. Nous sommes en mars 1916 et ils ne sont qu’à une centaine de km de l’île Paulet… Mais impossible de la rejoindre.

Comble de malchance, la banquise se brise sous leurs pieds quelques semaines plus tard, les forçant à mettre les canots de sauvetage (rescapés de l’Endurance) à l’eau. Pendant cinq jours, ballotés par les vagues et le vent, ils finissent par débarquer, épuisés, affamés et frigorifiés, sur l’île de l’Eléphant. Une île couverte de glace, escarpée, loin des routes maritimes. Bref, un endroit fort sympathique où ils risquent de rester un bon bout de temps.

Rouge : le voyage de l’Endurance (12/1914 - 01/1915) Jaune : la dérive de l’Endurance prit dans les glaces (01/1915 - 11/1915) Vert : après que le navire ait coulé, dérive sur la banquise et voyage en canot vers l'île de l'Élephant Bleu : le voyage du canot jusqu'en Géorgie du Sud Turquoise : le trajet de l'expédition tel qu'il était prévu à l'origine Orange : le voyage de l’Aurora  Rose : la prise dans le pack de l’Aurora et son retour, laissant sur place une partie de l'équipe Marron : la mise en place des dépôts
Rouge : le voyage de l’Endurance (12/1914 – 01/1915)
Jaune : la dérive de l’Endurance prit dans les glaces (01/1915 – 11/1915)
Vert : après que le navire ait coulé, dérive sur la banquise et voyage en canot vers l’île de l’Élephant
Bleu : le voyage du canot jusqu’en Géorgie du Sud
Turquoise : le trajet de l’expédition tel qu’il était prévu à l’origine
Orange : le voyage de l’Aurora
Rose : la prise dans le pack de l’Aurora et son retour, laissant sur place une partie de l’équipe
Marron : la mise en place des dépôts de vivres

L’opération de sauvetage du James Caird

Départ du canot James Caird vers la Géorgie du Sud
Départ du canot James Caird vers la Géorgie du Sud

Shackelton prend alors son courage à deux mains. La survie de ses marins en dépend. Il s’embarque avec 5 d’entre eux (qui ont quand même la dent dure d’avoir déjà survécu à tout ça) sur un canot de sauvetage qu’il nomment le James Caird (du nom du financier de l’expédition). Dans leurs bagages, un mois de provisions. « Pas plus, car si nous ne sommes pas arrivés dans un mois, nous sommes morts de toute façon » raconte Shackelton. Leur objectif ? Aller chercher des secours en Géorgie du Sud, là où se trouve un port baleinier fortement fréquenté.

Ils vont braver la tempête et les glaces pendant 15 jours, et arrivent (évidemment) sur le côté désert de l’île. Après 9 jours de repos pour se remettre du voyage, Shackelton part avec deux hommes (les trois autres ne sont pas assez vaillants pour poursuivre le voyage) à pied, pour traverser l’île. Il n’y a bien sûr pas de route, sinon ça serait trop facile, et ils mettent presque deux jours pour rejoindre la ville la plus proche, Stromness. Shackelton y récupère un navire pour aller chercher, dans un premier temps, les trois autres marins restés de l’autre côté de l’île.

Quant aux 22 hommes coincés sur l’île de l’Eléphant, ils ne seront secourus – tous en vie !- que le 30 août 1916, soit 128 jours après le départ de Shackelton dans sa chaloupe de la dernière chance.

Tim Jarvis, petit joueur derrière les scientifiques du Kon-Tiki

Le canot de l'équipe de rim Jarvis
Le canot de l’équipe de Tim Jarvis

Tim Jarvis et son équipe n’ont donc emporté que le strict minimum en termes d’équipement de survie et de navigation à bord de leur canot pour revivre la formidable épopée de Shackelton. Ils devront faire face à de nombreux dangers (baleines, icebergs, murs d’eau) avant d’atteindre la Géorgie du Sud. Leur arrivée est prévue d’ici une quinzaine de jours.

Heureusement pour eux, le canot sera escorté d’un navire d’assistance au cas où… Pas folle la bête ! Tim Jarvis se la joue « je risque ma vie », à la manière des grands héros polaires, mais pas question de trop se mouiller quand même. Ce qui ne fût pas le cas d’une autre équipes de scientifiques à la fin des années 1940.

Le radeau de l'expédition du Kon-Tiki
Le radeau de l’expédition du Kon-Tiki

L’expédition du Kon-Tiki, qui tire son nom du Dieu soleil d’un ancien peuple du Pérou, a eu lieu en 1947. Comme Tim Jarvis aujourd’hui, une équipe de scientifiques décide de prendre la mer à bord d’un simple radeau pour traverser l’océan Pacifique. Menée par l’anthropologue norvégien Thor Heyerdahl, l’expédition a pour but de montrer que les îles du Pacifique ont été colonisées il y a très longtemps par des hommes venus d’Amérique du Sud. C’est en fait suite aux nombreuses critiques reçues sur cette théorie que Thor Heyerdahl monte l’expédition (pour leur montrer à tous que c’est lui qui a raison et que c’est possible, non mais).

Le 28 avril 1947, le radeau, réalisé à la manière des Incas (morceaux de bois bruts, feuilles de bananier, bambous et cordes rudimentaires pour assembler le tout), quitte le Pérou. A son bord, 6 hommes qui vont mettre près 101 jours pour parcourir 8 000 km. Sur le chemin, ils rencontreront requins-baleines, poissons-volants et grosse-tempête. Mais finissent par rejoindre l’archipel des Tuamotu, tous en vie, et sans assistance. Une croisière sympathique.

Un film est d’ailleurs sorti cette année (mais pas en France) sur cette expédition mythique, qui montre que les scientifiques, tout de même, en ont dans le pantalon…